Crise économique, révolution numérique, contrefaçon du métier de la presse,
dérapages des médias grand public sur les sujets de santé, image ternie
du monde médical, monopole de l’indexation des revues en langue anglaise...
La presse des professionnels de santé n’a pas manqué d’être malmenée ces dernières
années au point d’être sérieusement mise à mal, voire d’être menacée...
Claudie Damour-Terrasson
Bien évidemment, à l'orée de cette année 2012, mes pensées vont en premier
lieu vers les lecteurs de "La Lettre du Gynécologue" à qui j'adresse, en mon
nom et en celui des membres du comité de rédaction, mes meilleurs voeux.
Le premier numéro de l’année est classiquement double avec une thématique
unique. En 2010, nous avions traité “Poids et gynécologie”, en 2011, “Sport
et gynécologie”, cette année, nous avons choisi “Sexe et gynécologie”. Les sujets
développés dans ce numéro nous paraissent refléter le quotidien de notre
pratique professionnelle : sexe et adolescence, sexe et contraception, sexualité et
infertilité (peux-t-on faire l’amour avec une courbe de température ?), sexualité
et grossesse (pas une mince affaire !), sexualité et déclenchement à l’italienne (et
oui !), sexe et post-partum, sexe et statique pelvienne (pas que pour la voisine !),
sexe et endométriose, sexe et cancer, sexe et ménopause, et, enfin, sexe et 3e âge.
En effet, quels que soient notre âge, notre sexe ou notre subspécialisation (avec
toute la richesse de notre belle spécialité), il faut reconnaître que la plupart
d'entre nous n'ont pas reçu de formation spécifique en sexologie. Pourtant, nul
ne peut nier que l’intime est au coeur de la consultation gynécologique.
Ph. Descamps
Pour les femmes, le gynécologue est le spécialiste
de l’appareil génital, donc de l’appareil
sexuel pensent-elles le plus souvent. Pourtant,
de nombreux gynécologues hésitent à occuper
cette “fonction”. Ce numéro consacré à la sexualité
a l’immense avantage d’avoir demandé à des gynécologues
de terrain d’aborder différentes facettes de
la vie des femmes en relation avec leur vie sexuelle.
Les gynécologues qui, depuis 22 ans, s’inscrivent au
diplôme universitaire (DU) de gynécologie psychosomatique
(qui intègre la sexualité à la gynécologie en
restant en place
Sylvain Mimoun
»» L’adolescence est une seconde naissance où tout se vit sur le mode de l’urgence et du passage à l’acte.
»» Face à notre silence, la pornographie ambiante modifie l’approche de la sexualité des jeunes, si vulnérables tôt, très tôt, en leur proposant des stéréotypes sexuels machistes, violents et déshumanisants.
Brigitte Letombe, Israël Nisand
»» C’est au gynécologue que la jeune fille vient demander de la confirmer dans son devenir femme.
»» Tout échec en matière de contraception dépend de l’effet de la méthode (variable technologique) et de
la perception de l’utilisateur (variable psychologique).
Sylvain Mimoun
»» L’annonce de l’infertilité peut faire perdre à la sexualité son caractère ludique. La sexualité n’est plus une
fin en soi mais devient un moyen de l’acte reproductif.
»» Chez un homme dont la virilité est dévalorisée, l’infécondité peut être vécue comme une impuissance. Et
chez une femme, l’annonce d’une insuffisance ovarienne est souvent vécue comme un signe de vieillissement
prématuré.
»» Enfin, le stress occasionné par les traitements d’assistance médicale à la procréation amplifie encore
l’impact sur la sexualité du couple.
Samuel Salama*, Amélie Gauquelin, Florence Boitrelle, Marc Bailly, Bob Wainer
»» Il y a très peu d’études sur l’activité sexuelle des couples pendant la grossesse.
»» La fréquence des rapports sexuels diffèrent selon le trimestre de la grossesse.
»» Les différentes études ne constatent pas de lien entre activité sexuelle et risque de prématurité.
»» Il est important d’aborder le sujet en consultation pour rassurer les couples.
Amélie Nguyen, Bruno Carbonne
»» La période du post-partum comporte plusieurs éléments physiques et psychologiques qui vont
concourir à diminuer l’appétence sexuelle de la femme et de l’homme.
»» Pourtant, une sexualité sans crainte et de bonne qualité est possible.
»» Elle dépend du statut préexistant de la patiente, des événement de la grossesse et de l’accouchement
et de la qualité de la transition à la parentalité. Les professionnels doivent être vigilants pour
informer sur ce sujet crucial, mais encore trop peu évoqué, afin d’améliorer la santé sexuelle de la
femme en général.
Jean-Marc Mayenga
»» Le débat sur le rôle de l’activité sexuelle et le déclenchement du travail n’est pas tranché, par défaut
d’études de bonne méthodologie et de forte puissance, mais il n’y a aucun argument scientifique pour
recommander les rapports sexuels en vue de déclencher le travail.
Norbert Winer
»» La sexualité est un paramètre important de la qualité de vie des patientes. Quelles que soient la
voie d’abord ou la technique utilisée, la cure chirurgicale d’un prolapsus ou d’une incontinence urinaire
peut souvent améliorer la sexualité mais aussi la détériorer.
Pierre-Emmanuel Bouet*, Laurent Catala*, Céline Lefebvre-Lacoeuille, Mathieu Mezzadri, Philippe Descamps, Loïc Sentilhes
»» Il n’y a pas d’âge pour sexualité et sensualité.
»» La qualité de vie sexuelle est un des éléments, et non des moindres, de la qualité de vie.
»» Le rôle du gynécologue, par son écoute et son attention, est capital.
»» La bonne distance doit permettre le dialogue, avec tact mais aussi en suscitant les questions…
au bon moment.
Michèle Lachowsky
»
La sexualité évolue avec l’âge mais reste présente pour de nombreuses personnes. Elle nécessite des ajustements des pratiques sexuelles. Le pourcentage de personnes âgées continuant à avoir une sexualité augmente actuellement (effet de génération). Elle est largement en lien au rapport à son corps qu'entretient la personne et à sa capacité à s’exposer au regard de l’autre. Avec l’avancé en âge, elle devient de plus en plus un mode relationnel en écho avec la satisfaction conjugale.
Gérard Ribes
»» Les lésions d’endométriose sous-péritonéales postérieures peuvent être responsables d’une dyspareunie
profonde, voire de troubles neuropathiques.
»» Une dyspareunie superficielle, d’origine psychogène ou iatrogène, peut également être associée.
»» Une altération de la sexualité et du bien-être global des patientes endométriosiques est donc
fréquente, rendant indispensable l’évaluation de la qualité de vie sexuelle à chaque étape de la prise
en charge médico-chirurgicale.
Claire Gillaux, Pierre Panel
»» Les thérapeutiques des cancers gynécologiques, en particulier chirurgicales, ont des conséquences
directes ou indirectes (hormonales, psychologiques) sur la sexualité des femmes.
»» Les difficultés intimes et sexuelles rencontrées par les femmes traitées pour un cancer du sein sont
largement sous-estimées, relevant du tabou pour de nombreuses patientes et équipes.
»» La prise en charge des cancers de la femme devrait se concevoir désormais de manière globale.
Des questionnaires de qualité de vie développés depuis plus de 20 ans sont disponibles.
Chérazade Bensaïd, Anne-Sophie Bats, Aziz Achouri, Laurent Makké, Claude Nos, Fabrice Lécuru
La 41e édition des Journées de la Société française
de médecine périnatale s’est tenue à
Grenoble du 12 au 14 octobre 2011. Ces journées
permettent de réunir tous les professionnels
amenés à prendre en charge le couple mère-enfant.
Elles se sont déroulées, comme à l’accoutumée,
dans une excellente convivialité et ont été riches
en communications scientifiques. Plusieurs tables
rondes furent organisées.
Pierre-Emmanuel Bouet, Loïc Sentilhes
28-30 mars 2012 – Faculté de médecine, Clermont-
Ferrand – Pédagogie des nouvelles techniques interventionnelles
: chirurgie et radiologie. Renseignements :
secrétariat scientifique, Dr Revaz Botchorishvili (b.revaz@
cice.fr), Pr Louis Boyer (lboyer@chu-clermontferrand.fr), Dr
Benoit Rabischong (brabischong@chu-clermontferrand.fr),
CHU de Clermont-Ferrand. Secrétariat administratif : 21,
rue de la Varenne, 63122 Ceyrat. Tél. : 33 (0)4 73 61 51 88.
Fax : 33 (0)4 73 61 51 39. E-mail : contact@agence-mo.com
29 mars 2012 – Domaine de l’Amiraut